« Bois imputrescible » est l’une des expressions les plus recherchées dès qu’il est question d’aménagement extérieur. Elle recouvre une vraie question, celle de savoir quelles essences tiennent dehors sans traitement, mais elle repose sur un raccourci : aucun bois n’est éternellement insensible à l’eau et aux champignons. Les normes ne parlent d’ailleurs jamais d’imputrescibilité, elles parlent de durabilité naturelle, et la mesurent sur une échelle.
Cet article fait le tri. Nous expliquons comment se lit cette échelle, pourquoi on la confond en permanence avec une autre, et quelles essences de notre catalogue résistent réellement en extérieur sans aucune préservation chimique, avec les chiffres publiés sur chacune de leurs fiches.
L’essentiel
- Aucun bois n’est imputrescible au sens strict. La norme NF EN 350 classe la durabilité naturelle du duramen sur cinq niveaux, du très durable au non durable.
- Cette échelle n’est pas la même que celle des classes d’emploi (NF EN 335), qui décrit l’exposition d’un ouvrage. Les deux se lisent en sens inverse.
- L’aubier n’est jamais durable, même sur une essence très durable. Il se purge.
- Chez E-Wood, le robinier et le padouk sont en classe I, le mélèze, le châtaignier, le chêne, le western red cedar et le douglas en classe II.
- Une essence naturellement durable ne reste pas de la même couleur : elle grise, et c’est un phénomène de surface.
Imputrescible, un mot qui n’existe pas dans la norme
Dans le langage courant, un bois imputrescible est un bois qui ne pourrit pas, qui résiste à l’eau, aux champignons et aux insectes. La réalité est plus graduelle. Un bois est une matière organique : placé assez longtemps dans des conditions assez humides, il finit toujours par être attaqué. Ce qui change d’une essence à l’autre, c’est le temps que cela prend et les conditions qu’il faut réunir.
C’est pour cela que la normalisation européenne ne classe pas les bois en imputrescibles et putrescibles, mais mesure leur durabilité naturelle : la résistance du bois de cœur aux champignons et aux insectes, sans aucun traitement. Cette mesure fait l’objet de la norme NF EN 350.
Vous verrez d’ailleurs que nous employons nous-mêmes le mot sur nos fiches, mais toujours accompagné de ses conditions. Notre page consacrée au mélèze de Sibérie précise qu’il est « imputrescible (si purgé d’aubier) en extérieur et hors contact avec le sol ». Ce sont ces parenthèses qui font tout le sujet.
Les cinq classes de durabilité naturelle
La norme NF EN 350 répartit les essences en cinq classes, établies en laboratoire d’après la perte de masse du bois exposé aux champignons les plus virulents. Le guide Comprendre et maîtriser la durabilité du bois dans la construction, publié par le CODIFAB et l’Institut technologique FCBA, en donne les intitulés.

Un point mérite d’être retenu, parce qu’il est la source de la plupart des malentendus : plus le chiffre est bas, plus le bois est durable. La classe 1 correspond aux essences les plus résistantes, la classe 5 aux essences qui ne tiennent pas dehors sans protection.
Durabilité naturelle et classe d’emploi, deux échelles inversées
Il existe une seconde échelle, numérotée elle aussi de 1 à 5, et c’est là que la confusion s’installe. Les classes d’emploi, définies par la norme NF EN 335, ne décrivent pas le bois mais la situation dans laquelle on le met : la classe 1 correspond à un bois sec à l’intérieur, la classe 3 à un bois exposé aux intempéries hors contact du sol, la classe 4 à un bois au contact du sol ou de l’eau douce, la classe 5 au contact de l’eau de mer.
Les deux échelles se lisent donc en sens opposé. En durabilité naturelle, 1 est le meilleur. En classe d’emploi, 5 est le plus exigeant. Et surtout, elles ne mesurent pas la même chose : une classe d’emploi est une exigence à satisfaire, que le bois peut atteindre par sa durabilité naturelle ou grâce à un traitement de préservation. Un pin sylvestre traité en autoclave répond à la classe d’emploi 4 sans être pour autant naturellement durable.
Concrètement, les deux informations se combinent. Notre guide de pose des bardages retient qu’en conditions générales, un bardage doit répondre à la classe d’emploi 3.1. Reste à savoir si l’essence choisie y parvient seule ou s’il faut la préserver. Le détail des classes d’emploi et des procédés de traitement figure dans notre guide complet du traitement par autoclave.
L’aubier n’est jamais durable, quelle que soit l’essence
Un tronc comporte deux parties. Le duramen, le bois de cœur, est la partie ancienne, dont les cellules ne sont plus vivantes et se sont chargées en substances de protection. L’aubier, en périphérie sous l’écorce, est le bois jeune, celui qui conduit encore la sève.
La durabilité naturelle publiée pour une essence concerne toujours le duramen. Le guide du CODIFAB et du FCBA est sans ambiguïté sur ce point : « Les aubiers sont toujours périssables même pour des essences à duramen très durable ». Le padouk en est l’illustration la plus nette. Sa fiche indique un duramen très durable en classe de durabilité naturelle I, et un aubier non durable en classe V. La même bille de bois porte donc les deux extrémités de l’échelle.
C’est pourquoi la purge de l’aubier n’est pas un détail de finition mais une condition de durabilité. Notre guide de pose l’énonce comme une règle : « La présence d’aubier est proscrite sur la face visible des lames de bardage en Classe 3.1 », et « les lames sont purgées d’aubier en cas d’absence de traitement de préservation ». Vous retrouverez cette réserve sur presque toutes les fiches qui suivent, sous la forme « si purgé d’aubier ».
Les essences naturellement durables de notre catalogue
Le robinier, le plus durable des bois européens
Le robinier, aussi appelé faux acacia, est classé en durabilité naturelle I à II, avec une longévité supérieure à 50 ans y compris en terrasse et une résistance aux termites. C’est un bois dense, 750 kg/m³ en moyenne à 12 % d’humidité, apte à la classe d’emploi 4 hors aubier, c’est-à-dire au contact du sol ou de l’eau douce. Notre fiche le décrit comme l’essence de bois européen la plus durable, et note qu’en bardage hors-sol, le bois peut rester intact pendant plus de 50 ans. Le robinier que nous proposons est issu de forêts de Bretagne et de Normandie.

Le mélèze de Sibérie, le résineux le plus dense d’Europe
Le mélèze est en classe de durabilité naturelle II, avec un risque fongique L3 et une longévité annoncée entre 50 et 100 ans employé en bardage. Sa densité est de 600 kg/m³ en moyenne à 12 % d’hygrométrie, ce qui en fait, selon sa fiche, le bois résineux européen le plus dense et le plus durable. Il est durable jusqu’à 50 ans en classe d’emploi 3.2 s’il est purgé d’aubier, en extérieur et hors contact avec le sol. Son aubier est bien distinct, de couleur jaune à rose rougeâtre, ce qui facilite la purge.
Le châtaignier et le chêne, les tanins français
Ces deux essences françaises partagent le même mécanisme de durabilité. Le châtaignier comme le chêne sont en classe de durabilité naturelle II, et leur richesse en tanin les rend particulièrement résistants, jusqu’à la classe d’emploi 4 en extérieur s’ils sont purgés d’aubier. Les deux fiches emploient la même formule : ils résistent aux insectes, aux intempéries et à l’air marin, et comptent parmi les essences qui vieillissent le mieux en extérieur sans aucun traitement de préservation.
Ils diffèrent par la densité, 600 kg/m³ pour le châtaignier contre 740 kg/m³ pour le chêne, et par la proportion d’aubier : le châtaignier en présente très peu, ce qui simplifie l’obtention de grandes longueurs purgées.
Leurs tanins demandent en revanche une précaution de conception. Ils existent sous deux formes, un tanin fixe qui confère la durabilité et un tanin soluble qui est lessivé par l’eau. Au contact de la pluie, ce dernier migre en surface et peut provoquer des coulures sombres sur les revêtements situés en dessous. Ces deux essences étant acides, elles réagissent aussi avec les fixations métalliques non protégées, ce qui produit des coulures noires indélébiles. La parade tient à la conception : prévoir la récupération des eaux de pluie et des fixations adaptées.
Le western red cedar, léger et garanti 25 ans
Le western red cedar, le cèdre rouge du Canada, présente un duramen en classe de durabilité naturelle II, soit une longévité supérieure à 50 ans employé en bardage. E-Wood le garantit 25 ans en extérieur. Sa particularité est sa légèreté : 370 kg/m³ à 12 % d’humidité, soit près de deux fois moins que le robinier, pour une classe de durabilité identique à celle du chêne. Densité et durabilité ne vont donc pas systématiquement de pair.
Le douglas, le résineux français de reboisement
Le douglas est classé en durabilité naturelle II, avec une durabilité qualifiée de bonne et une densité de 550 kg/m³ à 12 % d’humidité. Premier bois de reboisement en France, il présente un duramen dont les propriétés de durabilité naturelle et de résistance aux insectes et aux champignons sont supérieures à la plupart des autres résineux, à condition là encore d’être purgé d’aubier. Nous lui avons consacré un article dédié, pourquoi choisir un bardage en douglas.
Le padouk, la classe I tropicale
Le padouk d’Afrique est la seule essence de notre catalogue dont le duramen est classé en durabilité naturelle I. Sa durabilité naturelle le protège contre l’eau, les insectes xylophages et les termites, pour un emploi en classe 4, et jusqu’à la classe 5 en milieu marin. Sa densité est de 790 kg/m³ en moyenne à 12 % d’hygrométrie et E-Wood offre une garantie de durabilité de 25 ans. Son duramen est rouge corail à brun violacé, une teinte qui évolue rapidement vers le brun avant de griser.
Et les essences qui ne sont pas naturellement durables
La comparaison n’aurait pas de sens sans ses contre-exemples. L’épicéa de Scandinavie et le pin sylvestre sont d’excellents bois de construction, mais leur durabilité n’est bonne que si elle est obtenue par traitement. La fiche du pin sylvestre le dit sans détour : il n’est pas naturellement durable en extérieur et nécessite une préservation. Sa contrepartie est précieuse, son aubier s’imprègne aisément, ce qui lui permet d’accepter efficacement les traitements. Une essence peu durable et très imprégnable est souvent un meilleur candidat au traitement qu’une essence durable et fermée.
| Essence | Durabilité naturelle | Densité | Ce que la fiche annonce | Origine |
|---|---|---|---|---|
| Padouk | Classe I (duramen) | 790 kg/m³ | Garanti 25 ans, emploi classe 4 à 5 en milieu marin | Afrique |
| Robinier | Classe I à II | 750 kg/m³ | Plus de 50 ans, y compris en terrasse | Bretagne, Normandie |
| Chêne | Classe II | 740 kg/m³ | Classe d’emploi 4 si purgé d’aubier | France |
| Mélèze de Sibérie | Classe II | 600 kg/m³ | 50 à 100 ans employé en bardage | Sibérie |
| Châtaignier | Classe II | 600 kg/m³ | Classe d’emploi 4 si purgé d’aubier | France |
| Douglas | Classe II | 550 kg/m³ | Supérieur à la plupart des résineux | France |
| Western red cedar | Classe II | 370 kg/m³ | Plus de 50 ans en bardage, garanti 25 ans | Canada |
| Pin sylvestre | Bonne si préservée | 550 kg/m³ | Nécessite une préservation en extérieur | Scandinavie |
| Épicéa | Bonne si préservée | 450 kg/m³ | Nécessite une préservation en extérieur | Scandinavie |
Ce que la durabilité naturelle ne dit pas : la couleur
Une essence naturellement durable ne garde pas sa teinte d’origine. Exposée à la pluie et aux ultraviolets, elle prend progressivement une patine grise argentée. Ce grisaillement est un phénomène de surface, qui n’enlève rien à la durabilité du bois : une façade en châtaignier grisé est aussi résistante que le jour de sa pose.

Nos bois sont livrés sans finition. Si vous souhaitez conserver la teinte d’origine, c’est un saturateur qu’il faut appliquer, puis entretenir. Si vous acceptez la patine, aucune intervention n’est nécessaire pour la durabilité. Le sujet est traité en détail dans notre article sur les atouts d’un saturateur.
Quand la durabilité naturelle ne suffit pas
Toutes les essences ne sont pas naturellement durables, et toutes les situations ne s’accommodent pas d’une classe II. Deux procédés permettent alors de conférer au bois la durabilité qu’il n’a pas.
Le traitement en autoclave injecte sous pression un produit insecticide et fongicide dans l’aubier. C’est le procédé retenu pour l’épicéa et le pin sylvestre, dont l’aubier accepte bien l’imprégnation. Il permet d’atteindre les classes d’emploi 3 et 4 sur des essences qui n’y parviendraient pas seules.
La thermo-modification ne fait intervenir aucun additif chimique : le bois est chauffé aux alentours de 212 °C dans un environnement pauvre en oxygène, ce qui modifie sa structure et le rend hydrophobe. Nos fiches donnent le résultat obtenu essence par essence : l’épicéa thermotraité et le fraké thermotraité, peu durables à l’état naturel, deviennent aptes à l’emploi en extérieur respectivement en classe 3.1 et 3.2 ; la durabilité de l’ayous thermo est qualifiée de bonne après préservation par thermo-traitement, avec une garantie de durabilité de 10 ans. Le bambou thermotraité, composé à 90 % de fibre de bambou compressée et thermo-traitée, atteint 1 150 kg/m³ et une garantie de durabilité de 25 ans.
Ces solutions sont regroupées dans notre gamme de bardage bois thermo traité, et l’ensemble des essences se retrouve sur notre page bardage bois.
Sources
- NF EN 350, durabilité du bois et des matériaux dérivés du bois, méthodes d’essai et de classification de la durabilité vis-à-vis des agents biologiques.
- Comprendre et maîtriser la durabilité du bois dans la construction, CODIFAB et Institut technologique FCBA.
- NF DTU 41.2 P1-1, revêtements extérieurs en bois, cahier des clauses techniques types.
- Guide de pose des bardages bois E-Wood, classes d’emploi et purge de l’aubier.
- Fiches essence E-Wood, relevé du 4 septembre 2026.
Questions fréquentes
Quel bois est vraiment imputrescible ?
Aucun, au sens strict. La norme NF EN 350 ne classe pas les bois en imputrescibles et putrescibles, elle mesure leur durabilité naturelle sur cinq niveaux, du très durable au non durable. Les essences les plus résistantes de notre catalogue sont le padouk, dont le duramen est en classe I, et le robinier, en classe I à II. Viennent ensuite en classe II le mélèze de Sibérie, le châtaignier, le chêne, le western red cedar et le douglas.
Quel est le bois français le plus résistant à l'extérieur ?
Le robinier, aussi appelé faux acacia. Notre fiche le décrit comme l’essence de bois européen la plus durable, avec une classe de durabilité naturelle I à II, une longévité supérieure à 50 ans y compris en terrasse et une résistance aux termites. Le châtaignier et le chêne, tous deux en classe II, sont les autres essences françaises naturellement durables du catalogue.
Le mélèze est-il imputrescible ?
Il est en classe de durabilité naturelle II, avec une longévité annoncée entre 50 et 100 ans employé en bardage. Sa fiche précise qu’il est imputrescible s’il est purgé d’aubier, en extérieur et hors contact avec le sol, et durable jusqu’à 50 ans en classe d’emploi 3.2. Ces conditions font partie de la réponse : elles ne sont pas une réserve de style. Le détail figure sur notre page consacrée au bois de mélèze.
Le douglas est-il imputrescible ?
Le douglas est classé en durabilité naturelle II, avec une durabilité qualifiée de bonne. Son duramen présente des propriétés de résistance aux insectes et aux champignons supérieures à la plupart des autres résineux, à condition d’être purgé d’aubier. Il n’est donc pas imputrescible au sens absolu, mais il fait partie des résineux qui tiennent en bardage sans traitement de préservation.
Pourquoi faut-il purger l'aubier ?
Parce que l’aubier n’est jamais durable, même sur une essence très durable. Le guide du CODIFAB et de l’Institut technologique FCBA l’écrit ainsi : les aubiers sont toujours périssables même pour des essences à duramen très durable. Le padouk en est l’exemple le plus net, avec un duramen en classe I et un aubier en classe V. Notre guide de pose proscrit d’ailleurs la présence d’aubier sur la face visible des lames de bardage en classe d’emploi 3.1.
Quelle différence entre durabilité naturelle et classe d'emploi ?
La durabilité naturelle (norme NF EN 350) est une propriété de l’essence, mesurée sans aucun traitement. La classe d’emploi (norme NF EN 335) décrit l’exposition de l’ouvrage, de l’intérieur au contact de l’eau de mer. Les deux échelles vont de 1 à 5 mais se lisent en sens inverse : en durabilité naturelle la classe 1 est la meilleure, en classe d’emploi la classe 5 est la plus exigeante. Un bois peut atteindre une classe d’emploi grâce à sa durabilité naturelle ou grâce à un traitement de préservation.
Un bois naturellement durable garde-t-il sa couleur ?
Non. Exposé à la pluie et aux ultraviolets, il prend progressivement une patine grise argentée. Ce grisaillement est un phénomène de surface qui n’enlève rien à la durabilité du bois. Nos bois sont livrés sans finition : pour conserver la teinte d’origine, il faut appliquer un saturateur puis l’entretenir.


