Le traitement autoclave est un procédé de préservation du bois qui combine le vide et la pression pour faire pénétrer un produit de préservation dans l’aubier des essences imprégnables, le pin sylvestre, l’épicéa et le douglas en tête. Il rend ces bois aptes à un usage extérieur en classe d’emploi 3.2 ou 4, c’est-à-dire exposés aux intempéries ou en contact avec le sol, et c’est le seul procédé qui permet d’atteindre ces deux classes. Sur nos produits, la préservation est garantie 10 ans, et le bois n’a besoin que d’un nettoyage à l’eau claire pour vieillir proprement.
L’essentiel
- L’autoclave est le seul procédé qui protège le bois en profondeur pour les classes d’emploi 3.2 et 4. Le trempage et l’aspersion s’arrêtent à la classe 3.1.
- Une classe d’emploi décrit une exposition, hors sol ou en contact avec le sol, pas une performance du bois. On choisit la classe avant de choisir l’essence.
- Le pin sylvestre se laisse imprégner jusqu’à la classe 4. L’épicéa, peu imprégnable, se préserve en classe 3.1. Le douglas est traité pour protéger son aubier.
- Nos bois préservés sont garantis 10 ans sur la préservation, certifiés CTB-B+, et nos fiches les donnent durables jusqu’à 50 ans si l’ouvrage est bien conçu et les coupes retraitées.
- Le traitement ne fige pas la teinte. Vert, brun, gris ou rose, le bois grise avec le temps, et cette évolution ne dit rien de l’état de sa protection.
Qu’est-ce qu’un bois autoclave ?
Un bois autoclave, ou bois autoclavé, est un bois qui a reçu un traitement de préservation dans un autoclave : un cylindre fermé hermétiquement, dans lequel on fait alternativement le vide et la pression pour imprégner le bois d’un produit de préservation. Ce produit, à la fois insecticide et fongicide, se fixe dans l’aubier, la partie périphérique du tronc, qui n’est jamais durable par nature. Le cœur du bois, le duramen, est plus dense et moins imprégnable, mais il est aussi naturellement plus résistant.
L’objectif est toujours le même : rendre un bois qui n’est pas durable naturellement apte à un emploi exposé à l’humidité, sans qu’il pourrisse ni qu’il soit attaqué par les insectes xylophages, ceux qui se nourrissent du bois, termites compris. Les résineux les plus courants de la construction, l’épicéa et le pin sylvestre, n’ont pas cette durabilité par eux-mêmes. Dehors, sans préservation, ils ne tiennent pas.
Les ouvrages concernés sont tous ceux qui vivent dehors : lames de terrasse et leurs lambourdes, caillebotis, bardages de façade et leur ossature secondaire, clôtures, poteaux, piquets, retenues de terre, rondins, abris de jardin, mais aussi les bois de structure exposés. Sur un ouvrage certifié CTB-B+, la protection couvre aussi les termites, ce qui compte dans les départements couverts par un arrêté préfectoral délimitant les zones de termites, dont la carte nationale est tenue à jour par le Cerema.
Le traitement n’est pas la seule voie vers un bois durable dehors. Certaines essences le sont par la nature de leur duramen, le robinier, le châtaignier, le chêne ou le mélèze : nous les détaillons dans notre guide des bois imputrescibles. Le thermo-traitement, qui stabilise le bois par la chaleur sans produit chimique, en est une troisième. Ce guide traite de la première voie, la préservation en autoclave, qui est aussi la plus répandue pour les résineux.

Quelles essences peuvent être traitées en autoclave ?
Toutes les essences ne se laissent pas imprégner de la même façon. Le guide de la certification CTB-B+ le résume ainsi : chaque essence se caractérise par une durabilité naturelle et par une faculté à recevoir une protection complémentaire, appelée imprégnabilité, qui la destine à telle ou telle classe d’emploi. Seules les essences suffisamment imprégnables retiennent la quantité de produit nécessaire à l’usage visé, hors sol ou en contact avec la terre.
Le pin sylvestre, que nous faisons venir de Finlande et de Suède, est l’essence de référence de l’autoclave. Son aubier « se laisse aisément imprégner », ce qui lui permet d’accepter efficacement les traitements. Préservé sous pression, il est apte à la classe d’emploi 4 : terrasses, lambourdes, poteaux, bardages. Le guide CTB-B+ écrit que les essences indigènes telles que les pins « conviennent parfaitement » à cette classe d’emploi, et nos fiches ajoutent qu’il offre un excellent rapport qualité-prix.
L’épicéa de Scandinavie, lui, « se laisse difficilement imprégner » : le produit ne pénètre que sur quelques millimètres. Cette faible perméabilité retarde aussi l’entrée de l’eau dans le bois, mais elle limite son emploi à la classe 3.1, hors sol et avec un séchage rapide entre deux pluies : bardages, planches de rive, lames à volet. Nos bardages en épicéa sont préservés en classe 3.1 par autoclave sous pression ou par aspersion, certifiés CTB-B+ et garantis 10 ans sur la préservation du bois.
Le douglas de France est un cas à part. Son duramen est naturellement durable, classe II de durabilité naturelle, mais son aubier ne l’est pas, et il est abondant sur les arbres jeunes. Un bardage douglas se vend donc soit totalement purgé d’aubier, soit préservé, et les deux procédés coexistent dans notre catalogue. Notre teinte Rose Douglas est appliquée par aspersion sur le bardage, pour une aptitude à la classe 3.1 avec une finition saturateur, et en autoclave pour la classe 3.2. Notre préservation gris pré-vieilli, réalisée en autoclave, donne au bardage douglas une aptitude à la classe 3.2.
| Essence | Origine | Imprégnabilité | Classe d’emploi après préservation | Ouvrages E-Wood | Garantie sur la préservation |
|---|---|---|---|---|---|
| Pin sylvestre | Finlande et Suède | Aubier aisément imprégnable | 4 | Lames de terrasse, lambourdes, poteaux, ossature secondaire, bardage | 10 ans |
| Épicéa | Finlande et Suède | Difficile à imprégner | 3.1 | Bardage, planche de rive, lame à volet, ossature secondaire, bois d’ossature | 10 ans |
| Douglas | France | Duramen durable, aubier à protéger | 3.1 par aspersion (Rose Douglas, bardage) ou 3.2 en autoclave (gris pré-vieilli en bardage, Rose Douglas en ossature C24) | Bardage, bois d’ossature | 10 ans |

Classe 3 ou classe 4 : quelle différence ?
La classe d’emploi ne décrit pas le bois, elle décrit la situation dans laquelle il va servir. La norme NF EN 335 en définit quatre pour le bois de construction, de l’intérieur sec au contact avec le sol, et la classe 3 se subdivise en 3.1 et 3.2. Le guide CTB-B+ le rappelle en une phrase : « Une classe d’emploi n’est pas une classe de performance. »

| Classe | Situation du bois | Exemples d’ouvrages | Procédé de préservation possible |
|---|---|---|---|
| 1 | Intérieur, entièrement protégé des intempéries, jamais humidifié | Meubles, parquets, lambris, menuiseries intérieures | Trempage, aspersion |
| 2 | Intérieur ou sous abri, humidification occasionnelle non persistante (condensation) | Charpentes, ossatures | Trempage, aspersion |
| 3.1 | Extérieur, hors sol, humidification fréquente sur des périodes courtes, séchage rapide | Bardages sous faible exposition, menuiseries extérieures | Trempage, aspersion ou autoclave, avec une finition entretenue |
| 3.2 | Extérieur, hors sol, humidification prolongée mais non continue, séchage lent | Bardages exposés, éléments d’ossature exposés aux intempéries | Autoclave uniquement |
| 4 | Contact avec le sol ou l’eau douce, et tout ouvrage qui piège l’eau | Poteaux, piquets, terrasses, lambourdes, retenues de terre, rondins couchés | Autoclave uniquement |
La classe 3 se divise en deux, et la différence décide du procédé. En 3.1, le bois sèche vite après la pluie, grâce à une faible exposition ou à une conception qui évacue l’eau : une protection superficielle peut suffire, par trempage ou par aspersion, à condition d’appliquer et d’entretenir une finition. En 3.2, l’eau s’accumule et le bois sèche lentement : il faut une protection en profondeur, que seul l’autoclave apporte. C’est pourquoi un bardage battu par la pluie, une ossature ou une lambourde ne se contentent jamais d’un trempage.
La classe 4 regroupe tout ce qui touche le sol ou l’eau douce, et par extension tout ce qui piège l’eau : platelages, lambourdes, poteaux, piquets, retenues de terre, rondins posés à l’horizontale, mobilier et jeux de plein air. Le risque y est maximal. Champignons de pourriture et insectes attaquent tout le volume du bois au fur et à mesure de son humidification. Il faut donc une essence très imprégnable, et l’autoclave.
Pour situer un ouvrage dans la bonne classe, le guide CTB-B+ retient trois paramètres : la zone géographique, la massivité des pièces et la conception, drainante ou piégeante. Un même bardage peut relever de la classe 3.1 sous un large débord de toiture et de la classe 3.2 en façade exposée à la pluie et au vent. Le fascicule FD P20-651 propose des tableaux d’affectation qui croisent ces paramètres pour trancher.
« Bois traité classe 4 » est un raccourci commode, que nous employons nous-mêmes dans nos libellés de produits pour rester lisibles. En toute rigueur, un bois est « préservé pour une aptitude à l’usage en classe d’emploi 4 » : la dénomination seule ne prouve rien, c’est la certification du traitement qui l’atteste. Nous y revenons plus bas.
Quelle est la durée de vie d’un bois autoclave ?
La réponse a deux niveaux. Le premier est contractuel : chaque bois préservé que nous vendons est garanti 10 ans sur la préservation du bois, qu’il s’agisse d’un bardage en pin classe 4, d’une lame de terrasse, d’une lambourde, d’un poteau ou d’un bardage en épicéa classe 3.1. Nos fiches le formulent précisément : le pin sylvestre est « durable en classe d’emploi 4 après traitement sous pression pour lui conférer une résistance minimale de 10 ans aux attaques d’insectes xylophages et aux champignons ».
Le second niveau est la durée de service réelle, qui dépasse largement la garantie quand l’ouvrage est bien conçu. Nos fiches donnent le pin du Nord préservé en classe 4 « durable jusqu’à 50 ans grâce à la préservation en usine », et l’épicéa préservé en classe 3.1 durable jusqu’à 50 ans lui aussi, « s’il est recouvert d’une finition entretenue ». Pour les usages les plus sévères, piquets et retenues de terre, la certification CTB-B+ prévoit une rétention renforcée, dite classe 4 SP, qui vise des durées de service supérieures à 15 ans.
Ce qui raccourcit la vie d’un bois préservé n’est presque jamais le traitement lui-même. C’est une classe d’emploi sous-estimée, par exemple une lambourde préservée pour la classe 3.2 posée au contact du sol ; une conception qui retient l’eau ; des coupes laissées sans retraitement ; ou un bois mis en œuvre encore gorgé de l’humidité du traitement. Les sections qui suivent reprennent chacun de ces points, parce que c’est là que se joue la longévité.
Vert, brun, gris ou rose : que signifient les coloris ?
Le produit de préservation colore le bois en même temps qu’il le protège. Les produits utilisés en autoclave pour les classes 3.2 et 4 sont « généralement à base de cuivre », précise le guide CTB-B+, et c’est ce métal qui, en s’oxydant, donne au bois traité sa teinte verte caractéristique. Elle se fond dans un environnement végétal, ce qui explique sa présence sur les clôtures, les rondins et les retenues de terre.
La teinte brune, aussi appelée marron ou bronze selon les fabricants, s’obtient en ajoutant un pigment à la même formulation. Nous la proposons sur nos bardages et nos ossatures secondaires en pin classe 4. Vert et brun reposent sur les mêmes principes actifs et offrent la même efficacité : le choix entre les deux est esthétique. Nous proposons en tout quatre teintes de préservation.

Le gris répond aux tendances architecturales actuelles, surtout en façade : le gris pré-vieilli sur le bardage douglas préservé en classe 3.2, le gris patine sur le bardage épicéa préservé en classe 3.1. Le gris prépare le bois à un vieillissement uniforme, puisque c’est de toute façon vers cette teinte qu’il évoluera.
Le Rose Douglas est né avec l’essor du douglas français. Les spécialistes de la préservation ont cherché un traitement qui protège l’aubier tout en gardant au bois sa couleur rosée d’origine. Sur nos bardages douglas, cette préservation « masque la présence résiduelle d’aubier » et donne au bois « une élégante teinte d’un brun rosé uniforme », un peu plus soutenue qu’un douglas non traité puisqu’elle teinte les parties d’aubier claires.
Quelle que soit la teinte de départ, elle évolue. Sous le soleil et la pluie, un bois préservé prend en quelques années une teinte grise assez uniforme, au point qu’il devient difficile de reconnaître la couleur d’origine du traitement. Ce grisaillement est un phénomène de surface, esthétique : il ne dit rien de l’état de la protection, qui est dans la masse du bois.


Un bois autoclavé demande-t-il un entretien ?
Très peu, et aucun entretien n’est nécessaire à la protection elle-même : le produit est dans le bois, il n’a pas à être renouvelé. Ce qui s’entretient, c’est l’aspect. Nos fiches recommandent un lavage à l’eau claire, sans jet haute pression, éventuellement avec un détergent neutre. Sur les surfaces horizontales, terrasses et pontons, un brossage en sortie d’hiver enlève les mousses qui rendent le bois verdâtre et glissant.
Pour retrouver une teinte claire sur un bois qui a grisé, un nettoyant dégriseur « remet comme neuf le bois sans l’altérer », sans décapage. On l’applique, on laisse agir, puis on rince en brossant dans le sens des fibres, au jet d’eau ou à la pression contrôlée pour ne pas relever les fibres. Après séchage, le bois peut recevoir une finition.
Il faut aussi savoir ce que le traitement ne fait pas. Il protège des champignons et des insectes ; il ne protège ni des UV, ni des mouvements du bois. Un bois préservé reste un matériau vivant, qui gonfle et se rétracte au gré de l’humidité et de la chaleur, et qui peut se fendiller, surtout sur les bois ronds, où le cœur et l’aubier tirent dans des sens différents. Ce phénomène naturel n’altère pas la résistance du bois s’il a été correctement traité.
Des moisissures de surface peuvent enfin apparaître sur des bois fraîchement traités, quand ils ont été stockés sans ventilation : c’est un développement de champignons de surface lié au confinement de l’humidité, qui s’élimine par simple brossage et n’affecte pas le bois préservé.
Peut-on peindre ou saturer un bois autoclavé ?
Oui, à condition d’attendre. Un bois traité en autoclave sort du cylindre gorgé d’eau. Nos fiches sont précises : « Les produits traités par autoclave sous pression, après traitement contiennent une grande quantité d’humidité et ce tant qu’ils n’ont pas été parfaitement ventilés pour leur permettre de sécher. Il convient donc de vous assurer que le bois que vous allez installer ait suffisamment séché, avec une hygrométrie de 20 % environ, avant d’envisager la mise en œuvre. » Un bois posé humide se rétracte aux premières chaleurs, et une finition appliquée sur bois humide tient mal.
Une fois le bois sec et par temps sec, on privilégie un saturateur, en phase aqueuse, qui colore et nourrit le bois sans l’enfermer dans un film. Nos fiches conseillent d’attendre un an après la pose et d’appliquer sur bois sec : le saturateur « agit comme un retardateur de vieillissement ». Les peintures et les lasures filmogènes tiennent moins bien sur un bois préservé, parce qu’elles bloquent les échanges d’humidité.
Avant toute finition, brosser les éventuelles traces blanches en surface. Ce sont des sels du traitement qui ont migré avec l’eau pendant le séchage et cristallisé en surface. Elles s’éliminent au brossage et n’ont aucun effet sur la protection du bois.
Peut-on mettre un bois autoclave en contact avec le sol ?
Oui, si et seulement si le bois a été préservé pour la classe d’emploi 4 : c’est précisément la définition de cette classe. Pour un piquet ou un tuteur, la question s’arrête là. Pour un ouvrage durable, poteaux de clôture ou fondations d’une terrasse sur pilotis, quelques précautions prolongent nettement la durée de vie.
- Ne mettre les poteaux en terre qu’en dernier recours. On privilégie une dalle, des plots ou des dés en béton, ou des supports de poteaux métalliques scellés dans le béton, qui tiennent le bois hors du sol.
- Si le bois doit être enterré ou scellé, ne jamais le recouper, et disposer une couche de gravier au fond du trou pour que l’eau soit drainée au lieu de stagner au pied du poteau.
- Sous une terrasse posée au sol, un feutre géotextile isole les lambourdes du contact direct avec la terre et empêche les herbes de pousser.
- Pour les piquets et les retenues de terre, le guide CTB-B+ recommande vivement la rétention renforcée classe 4 SP, dont les durées de service visées dépassent 15 ans.
Faut-il retraiter les coupes ?
Oui, et c’est la règle la plus souvent oubliée sur un chantier. Le produit de préservation se fixe dans l’aubier, en profondeur, mais pas toujours jusqu’au cœur : une coupe ou un perçage met à nu du bois qui n’est pas protégé. Notre fiche du produit de traitement des coupes le dit sans détour : « Les bois préservés classe 4, destinés à être en contact avec le sol ne doivent jamais être recoupés. Seul un traitement par autoclave sous pression permet de conférer ce niveau de durabilité. »
Pour les parties aériennes, bardages, planches de rive, ossatures secondaires et tasseaux, on retraite chaque coupe au pinceau avec un produit de traitement des coupes, proposé dans les teintes du bois traité : incolore, vert, brun, gris et Rose Douglas. Il apporte une protection insecticide et fongicide, redonne à la coupe la couleur du bois traité, et « permet de conserver la garantie fabricant après coupe ou usinage par vos soins ».
Pour les bois de classe 4 destinés au sol, poteaux, lambourdes posées au sol, rondins et tasseaux d’ossature secondaire préservés classe 4, on commande dans les bonnes longueurs, ou l’on ne recoupe que les extrémités qui resteront en partie aérienne. Pour les grands projets, murs anti-bruit ou aménagements de collectivités, nous pouvons faire réaliser les coupes en usine, avant le passage en autoclave, de façon que chaque pièce soit préservée dans sa longueur définitive.
Quelles fixations pour un bois autoclavé ?
Un bois préservé contient des sels métalliques qui corrodent les visseries ordinaires, avec à la clé des coulures de rouille sur la façade ou la terrasse. Nous recommandons des vis et des pointes en inox A2, et en inox A4 pour les ouvrages en bord de mer. Ce sont celles que nous proposons en accessoires de nos bardages.
Pour les lames de terrasse, la pose se fait vissée sur lambourdes, selon le NF DTU 51.4. Pour les bardages, la pose suit le NF DTU 41.2, sur une lame d’air ventilée, avec un pré-perçage sur les essences fissiles comme le pin et l’épicéa. Notre guide de pose des bardages bois détaille la lame d’air, les entraxes et les fixations.
Comment se déroule le traitement en autoclave, étape par étape ?
La préservation du bois dans la masse se fait dans une station de traitement, autour d’un cylindre autoclave. Son principe est une alternance de vide et de pression, qui agit jusqu’au cœur de l’aubier, là où le trempage n’agit qu’en surface. Les bois arrivent usinés, rabotés ou profilés, et sont empilés sur de fines lattes qui ménagent un espace entre chaque pièce, pour que la solution circule, imprègne le bois de façon homogène, puis s’égoutte.
- Le bois est chargé dans le cylindre, qui est fermé hermétiquement.
- Un vide initial est appliqué : l’air contenu dans les cellules du bois est extrait.
- Le cylindre est rempli, toujours sous vide, avec la solution de préservation. Le bois est totalement immergé.
- Le bois et la solution sont mis sous pression hydraulique : le produit est forcé à pénétrer profondément dans le bois. La durée de cette phase dépend de la quantité de produit que l’on veut faire retenir au bois.
- La pression est relâchée. Le surplus de solution non absorbé retourne dans la cuve de stockage pour le cycle suivant.
- Un vide final extrait l’excès de produit resté dans le bois, puis le cylindre revient à la pression atmosphérique, ce qui favorise l’égouttage.
- Sur les stations récentes, le cylindre bascule latéralement pour accélérer l’écoulement du surplus, et une double porte enchaîne les cycles sans temps mort.
- Le bois préservé est pesé pour contrôler la quantité de produit injectée, puis mis en séchoir ou en stockage ventilé, le temps que les sels se fixent dans le bois.

Sur une station moderne, la pression hydraulique atteint 11 bars, le bois peut absorber jusqu’à 500 litres de solution par mètre cube, et un cycle sur du pin sylvestre dure environ quatre heures pour atteindre la rétention exigée en classe 4. À chaque cycle, un dosimètre automatique vérifie et ajuste la concentration de matière active, de façon à rester conforme à la norme en vigueur.
Les produits de préservation sont des produits biocides, encadrés par le règlement européen (UE) n° 528/2012, qui soumet leur mise sur le marché à une autorisation. Ceux qu’utilise une station certifiée sont eux-mêmes certifiés CTB-P+, sur la base d’essais d’efficacité normalisés et de critères de santé et d’environnement, avec ce que le FCBA appelle un « usage maîtrisé des produits biocides respectant les aspects sanitaires et environnementaux ».
Qu’apporte la certification CTB-B+ ?
CTB-B+ est la marque de certification des bois préservés, délivrée par l’Institut technologique FCBA sous accréditation du COFRAC. Elle « garantit que la durabilité naturelle ou conférée par traitement rend le bois apte à l’usage pour la ou les classes d’emploi mentionnées ». Autrement dit, elle transforme un « bois traité classe 4 » en un bois dont l’aptitude à la classe 4 a été vérifiée.
Le FCBA insiste sur un point : le seul procédé, ou le seul produit, n’assure pas la pérennité de l’ouvrage. Quatre paramètres sont indissociables : la conception de l’ouvrage et son environnement, une essence sélectionnée pour son imprégnabilité, un produit de préservation efficace et sûr, certifié CTB-P+, et un procédé de traitement de qualité. L’entreprise certifiée s’engage sur la préparation des bois et leur humidité, la qualité du matériel et des cycles, et la dilution, la pénétration et la rétention du produit, contrôlées sur site par les auditeurs de l’institut.

Deux critères mesurent l’efficacité d’un traitement. La rétention est la quantité de produit retrouvée dans le bois traité. La pénétration est la profondeur atteinte par le produit : la norme définit cinq niveaux d’exigence, de NP1, toutes les faces traitées, à NP5, tout l’aubier imprégné. Les exigences montent avec la classe d’emploi, et elles diffèrent selon que l’essence est imprégnable ou réfractaire.
| Classe d’emploi | Procédé | Pénétration, essences imprégnables | Pénétration, essences réfractaires | Objectif de rétention |
|---|---|---|---|---|
| 1 Intérieur, jamais humidifié | Trempage, aspersion | NP1 (3 mm) | NP1 (3 mm) | 50 % de la valeur critique classe 1 |
| 2 Intérieur ou sous abri, condensation | Trempage, aspersion | NP1 (3 mm) | NP1 (3 mm) | 50 % de la valeur critique classe 2 |
| 3.1 Extérieur hors sol, séchage rapide | Trempage, aspersion, autoclave | NP3 (6 mm) | NP1 (3 mm) | 50 % de la valeur critique classe 3 |
| 3.2 Extérieur hors sol, humidification prolongée | Autoclave | NP5 (tout l’aubier) | NP3 (6 mm) | 100 % de la valeur critique classe 3 |
| 4 Contact avec le sol ou l’eau douce | Autoclave | NP5 (tout l’aubier) | NP4 (25 mm) | 100 % de la valeur critique classe 4 |
Le titulaire de la marque délivre pour chaque lot une attestation de traitement préventif, qui précise la classe d’emploi visée et l’engagement de protection contre les termites. C’est ce document, et le logo apposé sur le bois, qui font foi. Nos bardages en pin classe 4 et en épicéa classe 3.1, nos lames de terrasse, nos lambourdes et nos poteaux en pin classe 4 sont préservés en France sous certification CTB-B+.
Quels produits E-Wood sont préservés en autoclave ?
Nous ne proposons que des bois issus de forêts gérées durablement, certifiés PEFC® ou FSC®, et préservés en France. Le catalogue couvre l’ensemble des ouvrages extérieurs.
- Bardage pin sylvestre préservé en classe 4, teinte brune, en profils à emboîtement ou à claire-voie.
- Bardage épicéa préservé en classe 3.1, en vert, brun ou gris, ainsi qu’en versions saturées ou peintes sur bois préservé.
- Bardage douglas préservé en autoclave en gris pré-vieilli classe 3.2, à côté du Rose Douglas classe 3.1 préservé par aspersion et du douglas purgé d’aubier.
- Lames de terrasse en pin classe 4, vertes ou brunes, lisses ou rainurées, et leur ossature de terrasse en pin classe 4 à angles arrondis.
- Poteaux en pin classe 4 pour les clôtures et les aménagements extérieurs.
- Ossature secondaire pour bardage, en pin classe 4 brun, et en épicéa classe 3.1.
- Bois d’ossature massif raboté en épicéa classe 3.1 et en douglas C24 Rose Douglas classe 3.2.
- Planches de rive et lames à volet en épicéa classe 3.1.
Pour comparer le bois préservé aux autres solutions de terrasse, notre guide terrasse bois ou composite met les deux matériaux face à face, garanties à l’appui. Et pour retrouver l’ensemble de nos revêtements de façade, bois préservé, bois naturellement durable et thermo-traité, tout est réuni sur notre page bardage bois.
Sources
- Norme NF EN 335, Durabilité du bois et des matériaux à base de bois, classes d’emploi, AFNOR.
- Bien comprendre les classes d’emploi et la préservation des bois, guide CTB-B+, Institut technologique FCBA, janvier 2020.
- Certification CTB-B+, Institut technologique FCBA.
- Norme NF EN 350, durabilité naturelle du bois, AFNOR.
- NF DTU 41.2 P1-1, revêtements extérieurs en bois, AFNOR, 2015.
- NF DTU 51.4 P1-1, platelages extérieurs en bois, AFNOR, 2018.
- Termites dans l’habitat, Service-public.fr, et cartographie nationale des termites et des mérules, Cerema.
- Fiches produit E-Wood, champs « Préservation », « Garanties de durabilité » et « Mise en œuvre », relevé du 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un bois autoclave classe 4 ?
C’est un bois préservé en autoclave pour une aptitude à l’usage en classe d’emploi 4, c’est-à-dire en contact avec le sol ou l’eau douce, ou dans un ouvrage qui piège l’eau : poteaux, piquets, lambourdes, lames de terrasse, retenues de terre. Seules les essences très imprégnables, comme le pin sylvestre, l’atteignent. Nos bois de classe 4 sont certifiés CTB-B+ et garantis 10 ans sur la préservation.
Quelle est la différence entre autoclave classe 3 et classe 4 ?
La classe décrit l’exposition, pas le bois. En classe 3, le bois est dehors mais hors sol : bardages, ossatures, menuiseries. Elle se divise en 3.1, séchage rapide, et 3.2, humidification prolongée. En classe 4, le bois touche le sol ou l’eau, ou retient l’eau. Un bois préservé pour la classe 3 ne doit jamais être posé en situation de classe 4.
Quelle est la durée de vie d'un bois autoclave ?
Nos bois préservés sont garantis 10 ans sur la préservation, et nos fiches donnent le pin sylvestre classe 4 durable jusqu’à 50 ans grâce à la préservation en usine, l’épicéa classe 3.1 l’étant aussi s’il reçoit une finition entretenue. La durée réelle dépend de la classe d’emploi respectée, d’une conception qui évacue l’eau, du retraitement des coupes et d’un bois posé sec.
Bois autoclave vert ou marron : lequel choisir ?
Les deux teintes reposent sur les mêmes principes actifs et offrent la même protection. Le vert vient du cuivre de la formulation et se fond dans un environnement végétal. Le marron, ou brun, ajoute un pigment pour une teinte plus chaude. Dans les deux cas, le bois grise avec le temps ; le choix est donc esthétique, et il ne change rien à la classe d’emploi.
Peut-on peindre un bois traité autoclave ?
Oui, après séchage. Un bois qui sort d’autoclave est gorgé d’eau : il faut attendre qu’il redescende autour de 20 % d’humidité, et nos fiches conseillent un an après la pose pour une finition. On préfère un saturateur, qui nourrit le bois sans le filmer, à une peinture ou une lasure filmogène qui tiendra moins bien. Brosser d’abord les éventuelles traces blanches de sels en surface.


